C’est à une petite centaine de personnes que nous nous sommes réunis le vendredi 13 août 2021, dès 19h, place Rapp pour ouvrir une terrasse aussi sauvage que libre, juste à côté de la terrasse du café le Rapp, elle soumise officiellement au passeport totalitaire.

D’abord sous la vigilance de cinq uniformes n’ayant pas encore décidé s’ils sont la police du peuple ou la milice bancaire, policiers d’ailleurs partis assez rapidement car voyant que l’ambiance était bonne enfant, l’apéro s’est peu à peu mué en repas. Les enfants revenus mouillés des jets d’eau de la place, les plus âgés installés sur des tables et sièges de camping et autres sièges gonflables, nous avons mangé dans la bonne humeur et la joie.

Jeunes et vieux, jaunes, verts, rouges ou roses, tous étions rassemblés dans le même espace ouvert. Si très peu de slogans de manifestation ont été scandé, si les haut-parleurs diffusaient des chansons de soir d’été, le simple fait d’être là pour refuser les lois de ségrégation de la section française de la république oligarchique, suffisait à la démarche politique.

La nuit venue un peu de musique a retenti, on a dansé sur le tube de 2021, Danser encore de HK, dont certains ne se lassent pas, on a écouté – avec un mélange de mépris et de colère rentrée – Manu le minable dire qu’il ne rendrait jamais la (pseudo-)vaccination obligatoire, puis on a nettoyé tables et emmené les déchets pour rendre la place aussi propre que trouvée.

Certains mâles plein de testostérone ont trouvé que tout cela ne faisait pas avancer les choses, mais nous avions l’air bien plus heureux que les gens sur la terrasse d’à côté et nous avons cultivé le plaisir de cette France que nous aimons et que nous refusons de voir transformée en section locale d’un totalitarisme mondial. Dans une époque où toutes les libertés reculent, stagner dans un courant de normalité, c’est déjà une façon de grappiller quelques arpents de liberté. A Paris, certaines terrasses libres étaient, elles, interdites et dispersées par la milice du minustre Darmanin. On s’en contentera donc, chez nous à Colmar ; il y aura un temps pour autre chose, si rien ne change et si l’oligarchie mondiale ne recule pas, à la rentrée scolaire.

C’était une agréable soirée d’été, chaleureuse et conviviale : goûtons tout cela comme de petites victoires sur la lâcheté et la folie ambiantes. Cet hiver de la morale qui s’abat sur le pays.

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