Le terme ‘postillon’ – de l’italien ‘postiglione’, terme introduit en français à partir de 1540 – vient de ‘poste’ dans son sens premier, c’est-à-dire établissement de chevaux, placé de distance en distance pour le service des voyageurs. Le postillon est celui chargé de mener une voiture hippomobile, montant le cheval, ou l’un des chevaux (toujours, dans le cas où plusieurs chevaux forment l’attelage, le cheval de gauche) qui tirent le véhicule. Dans le cas précis des voitures de poste qu’on appelait chaises de poste et qui n’avaient pas de place pour un cocher, le postillon était seul conducteur de l’attelage.

Der Europaeische Postilion, Kupferstich von 1728, Augsburger Postreiter1

Le postillon sert d’abord de guide au voyageur qui loue un cheval de selle (le bidet) au maître de poste.

Le travail du postillon de relais est d’accompagner les voyageurs entre deux relais, soit environ deux lieues (8 km), et de ramener ensuite les chevaux au pas, après un repos.

C’est le postillon qui règle l’allure, et il est interdit de lui demander d’accélérer, sauf à lui payer « double poste ». Il peut accompagner six chevaux, le maximum estimé pour pouvoir les ramener au pas. En contrepartie des désagréments du métier, le postillon est considéré comme un joyeux drille, aimant boire et plaisanter.

Le postillon est aussi un commissionnaire, lorsqu’il voyage seul porteur d’un message ou d’un colis, et il est interdit de tirer sur le messager.

Le postillon peut être encore un palefrenier lorsqu’il loue ses services à un propriétaire de voiture hippomobile, comme le cocher.

Enfin le postillon est chargé de mener un attelage, sur de longues distances, et plus seulement d’une poste à une autre. Il monte toujours un cheval, ce qui le différencie de cette feignasse de cocher, qui lui est assis et mène l’attelage depuis la voiture.

Les grandes diligences du XIXème siècle nécessitent souvent la présence simultanée d’un cocher et d’un postillon (attelage en demi-poste) : dans ce cas le cocher a toujours la prééminence sur le postillon qu’il considère avec condescendance. Le postillon monte le timonier de gauche (cheval attelé au plus près de la voiture). Ses conditions de travail sont assez rudes, puisqu’il doit passer de longues heures à cheval, par tous les temps, sans protection contre les intempéries. Il met ses pieds dans de grandes bottes de cuir bouilli, avec lesquelles il lui serait impossible de marcher, mais qui sont fixées sur les flancs du cheval et qui constituent une protection en cas de chute de la monture, les bottes étant suffisamment rigides pour supporter le poids du cheval.

Au XIXème siècle, dans les sociétés aisées, les bonnes manières imposent des types de voitures et d’équipages très spécifiques, demandant des cochers ou des postillons. Ainsi, une voiture attelée à la d’Aumont est tirée par quatre chevaux, deux à deux, chaque cheval de gauche étant monté par un postillon.

Le postillon utilise un cor de poste (ou cor de postillon) afin de prévenir le relais de son arrivée, de se signaler dans les passages dangereux et d’obtenir, la nuit, l’ouverture des portes de ville.

Le rude métier des postillons leur conférait une réputation de bons vivants aimant bien manger et boire. De 1862 à 1967 a été commercialisé un vin de consommation courante appelé « Vin du Postillon ».

Au XXIème siècle à Colmar, c’est un collectif post-, über ou néo-gilets jaunes qui a des voitures et des vélos pour couvrir toute la surface de la bassin de vie, allant grosso modo de Houssen à Eguisheim et de Trois-Epis à Andolsheim, et qui est décidé à ne pas se contenter de lire la presse bancaire (les DNAlsace du Crédit Mutuel) pour préférer faire de la réinformation de sans dents, sans culottes et sans langue de bois ni subvention étatique, donc sans compromission oligarchique, de façon très amatrice mais avec enthousiasme et une forte envie de vivre la vie locale. C’est par la tête que le poisson pourrit, c’est par le bas qu’on sauvera le pays.

Notes

  1. Wolfgang Behringer:  »Thurn und Taxis. Die Geschichte ihrer Post und ihrer Unternehmen. Piper, München/Zürich, 1990, p. 115