#colmarandyou, le dièse moisi que la Ville de Colmar et quelques autres institutions – comme le Musée Unterlinden – ou les débiles enfantins qui jouent aux jeux vidéos, utilisent sur les réseaux dissociaux, est tout un symbole en lui-même puisqu’il dit tacitement l’inverse des mots qu’il utilise.

S’adressant à la population francophone ou germanophone en anglais, cette langue du colonisateur mental – via sa culture abjecte et basse – et physique – via l’Union Européenne – la mairie dit donc bien qu’elle n’est là que pour les touristes, et s’adresse, au fond, à eux. Meme si le contenu du message est en français et qu’ils ne comprendront rien. On veut globisher le bullhist, mais on n’ose pas aller jusqu’au bout, ou alors on ne sait pas… “You” est donc un mensonge puisqu’il s’agit de Colmarandtourists.

Puisque l’histoire de Colmar s’est bâtie dans un creuset à cheval entre deux langues qu’elle est imprégnée de la France autant que du Saint Empire Germanique ou de différents Reiche de la Deutsch Bundesrepublik, dont le troisième ce qui vaut des quolibets récurrents des Français de l’intérieur, Colmar n’est pas liée à la culture anglophone, comme peuvent l’être l’Aquitaine ou la Bretagne. Il eût donc fallu écrire globishworldcolmar2.0andtourists.

Même leur ‘and’ de leur dièse est un grand mensonge craché à la figure des Colmariens, puisqu’il n’y a de moins en moins de choses en commun entre cette entité du grand simulacre spectaculaire mondial et les habitants. La mairie est là pour servir d’interface entre les bourgeois locaux et des consommateurs étrangers venus mettre en scène leurs nichons et leur réussite sociale (ils voyagent, bravo ! Ils ont des super caméras pour prendre leur vacuité existentielle en photo, oh les richissimes vainqueurs de la société de consommation bourgeoise !) dans la beauté des rues construites par nos pères. Il faut bien des petites mains, pour tourner autour de cette activité, et c’est pour ça qu’il faut bien entasser des travailleurs tout autour, les nourrir, les soigner, mais le plus important de tout cela est tout de même de faire venir le riche touriste dans les palaces du centre-ville et la classe moyenne des gens qui s’occupent pendant leurs jours de congés à faire tel ou tel lieu dont ils ne savent rien, dans les hôtels des zones moins huppées, voire dans le sordide des hôtels construits au milieu de concessionnaires dans les zones commerciales. Tout est là pour la carte postale, donc, celle que vend le bourgeois local et que la mairie lui entretient pour que la vente puisse continuer longtemps, et celle qu’achète le tourisme.

Cette coupure entre le centre-ville et le reste du bassin de vie, observable dans toutes les grandes villes et dans le rapport qu’entretient Paris et sa province dans la sous-section française du Grand Empire du Nouvel Ordre Mondial piloté par Bruxelles pour la section Europe, est aussi celle entre deux mondes. Les bobos d’un côté, aussi méprisant en acte pour le petit peuple que bienveillants dans le spectacle de leur gentillesse qu’ils offrent à la face de leur monde de paraître et de discours creux ; cette grande et petite bourgeoisie dégénérescente, fille de celle qui a fait le coup d’Etat de 1789 et qui n’en finit pas de ne jamais arriver à la hauteur de la vieille noblesse de notre royaume multiséculaire. Le peuple de l’autre, celui des travailleurs et des parias entassés bien visiblement dans les cités laides des années 1970. Le peuple qui, lors de la dernière arnaque en date alors, celle de la « transition écologique »1, se sont révoltés, les gilets jaunes, ils n’ont pas osé aller au centre-ville durablement et se sont installés dans les zones où la bourgeoisie les tolère encore un peu, les ronds-points des zones commerciales ou le terrain vague devant Centrakor, entre une route quatre voix, un rail et sous un pylône électrique.

Loin du centre à touristes non-francophones, dépossédé du résultat du travail de leurs ancêtres pour ceux qui sont là depuis des générations, poussés dehors par la bourgeoisie parasitaire qui ne sait que récupérer la beauté créée par d’autres2 afin d’en faire des marchandises, puis, telles les sauterelles qui dévorent tout, prendre ses esclaves cosmopolites sous le bras et aller parasiter d’autres lieux quand elle a terminé de vider le lieu auparavant investi par elle, le monde n’étant qu’un vaste hôtel3 où elle peut sniffer de la coke de simulacres, du divertissement, se faire tes femmes et faire travailler tes enfants.

Il y a donc tout cela dans un simple petit dièse, auquel le bourgeois m’as-tu-vu de la société de communication n’a peut-être même pas réfléchi, cette violence sociale par le mépris sourd révélé par cet anglais inapproprié. La gentille cruche jeune, belle, sympathique et docile (elle a été recrutée pour cela, la gentillette) de la presse bancaire ne l’a pas perçu qui est formé à faire du copier-coller de dépêches et à servir de bataillons de bons soldats de la République quand celle-ci est attaquée après avoir trop tiré sur la corde de la domination injuste et usurpée. Mais que le peuple réel, même devenu inculte et illettré par la Déséducation nationale de la République bourgeoise de 1789, le comprend bien. Il sait lire un bon ourbourgeoiscolmarfucksyoubloodyslaves derrière un colmarandyou, même s’il ne lit pas vraiment l’anglais.

C’est pour ça qu’il ne va plus jouer son rôle de légitimateur de pouvoir usurpé lors de l’élection et que les taux d’abstentions montent sans fin. C’est pour ça qu’il a pris momentanément les ronds-points pour se révolter. C’est pour ça qu’il devra faire la contre-révolution et faire revivre leur royaume.

Photo d’entête : “Colmar” par Esther Westerveld

Notes

  1. Dont tous les gens de bon sens avaient compris qu’il s’agissait de trouver des prétextes pour leur faire encore plus les poches afin de payer les dettes, le coût de la construction idéologique – (pour les rêveurs) et impériale (pour ceux qui ont compris à quoi ce truc sert aux EUA) – de l’Europe ou les dépenses de l’Etat-Mammouth quand les grands évadés fiscaux seraient épargnés.
  2. Elle-même, depuis 1945, et contrairement aux bourgeois du XIXème siècle dont même les bâtiments utilitaires sont aujourd’hui trouvés beaux en comparaison, ne sait plus que faire bâtir à des travailleurs cosmopolites ou immigrés, que des hangars moches et destructibles sans regrets. Que restera-t-il des locaux de Liebherr par exemple ?
  3. Comme le disait Jacques Attali, qui ne dit ça que pour le monde des Goyim, pas pour son pays, Nazisraël, qui, lui, doit être préservé dans sa pureté et même son passé mythique avec un Troisième Temple à rebâtir à Jérusalem sur l’Esplanade des Mosquées.

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