Pour mémoire, la lettre que nous avons remise en main propre, au commissariat de police de Colmar, aux force de l’ordre qui nous avaient accompagné lors de notre manifestation du 5 janvier 2019.


Chère madame Virginie Perrey, commissaire divisionnaire,
Chers membres des renseignements dont nous n’avons pas les noms,
Chers policiers et gendarmes qui étaient sur le terrain ce samedi,

La manifestation du 5 janvier 2019 dans les rues de Colmar fut un grand succès. D’une part parce que de nombreuses personnes venues d’Alsace et des territoires alentours se sont réunies à plus de 2000 pour défiler tout en jaune et dans la fraternité, afin de défendre leur pays en danger. D’autre part, parce que vous autres, forces de l’ordre, avez réussi à garder votre calme et n’avez jamais cherché à souffler sur aucune braise. Vous ne nous avez pas provoqués pour que les médiamenteurs nous présentent ensuite comme des bêtes féroces. Vous ne nous avez pas tabassés. Vous n’avez brandi aucun flash-ball sur nous. Vous ne nous avez pas gazés. Et tout s’est admirablement passé, malgré la foule.

Certes, il y a eu une part d’improvisation dans le parcours prévu, sous l’effet de la masse et de la joyeuse chaleur de l’instant. Nous avons quitté l’itinéraire qui contournait le centre-ville et sommes passés dans les rues commerçantes, au milieu des voitures et des vitrines. Ou autant de risques pour nous tous de voir l’indécrottable part de Che Guevara du bac à sable et autres jeunes testostéronés plus soucieux d’alimenter leur chanson de geste personnelle que de mener une lutte émancipatrice digne et constructive, venir faire dégénérer cette marche. Nous avons un peu tremblé, nous aussi, sommes restés vigilants, responsables et présents partout dans le cortège pour ne pas être dépassés.

Il fut bon au final que nous passions dans NOTRE centre-ville comme un symbole de ce pays que nous devons nous réapproprier. Notre mouvement a commencé sur les ronds-points des zones commerciales, dans ces marges sans âme où « la France d’en bas », les « sans dents », les « riens » se sentent encore tolérés par l’anti-élite parasitaire qui prétend la représenter. Cette oligarchie méprisante, qui ne sert plus les intérêts du pays mais semble plutôt prête à se débarrasser de ce peuple encombrant, veut nous abrutir et nous isoler par ses écrans de télévisions, nous reconditionner par l’Éducation Nationale, nous apeurer par le régime d’État d’urgence permanent et le contrôle omniprésent (obtenu par des technologies dont les totalitarismes du XXe siècle auraient rêvés !), nous diviser pour que nous nous mordions entre nous. Mais un noyau de bon sens reste en nous et nous sommes toujours debout. Notre mouvement a même vocation à venir « chercher » un petit pion à l’Élysée, puis à aller jusqu’à Bruxelles où sévit la Commission dite « Européenne » et où ne siègent rien d’autres que des usurpateurs nocifs, en passant par Strasbourg. Il faudra donc s’habituer à nous voir au centre de tout, des ronds-points périphériques au grand poing rond sur le pif du Système.

Ni vous ni nous ne savons ce que nous réserve l’année 2019. S’il est encore temps de vous la souhaiter la meilleure possible, à vous et vos familles, nous ne savons pas si la bonne intelligence qui a marqué nos rapports lors des premiers actes de notre réveil collectif, ne sera pas mise à rude épreuve. Peut-être un jour votre hiérarchie vous sommera-t-elle de choisir entre rester au service de la défense de votre peuple ou de devenir les auxiliaires de la milice du Pouvoir bancaire et d’instruments d’intérêts hors sol qui n’ont rien de clairs. En ce monde corrompu et avili où la lâcheté est reine, où l’on coopte des gens compromis pour mieux les tenir sous sa coupe, la virilité, l’honneur, la ténacité et le courage sont des valeurs actuellement retrouvées par la base, mais qui n’ont pas été valorisées dans les corps de l’État. Il y faut donc deux fois plus de force pour vous que dans un milieu sain ; mais fi des faux-fuyants de fonctionnaires qui se cachent derrière leur hiérarchie ! On rêve mieux pour vous que des destins à la Eichmann ou Papon. A l’heure des choix, des hommes et des femmes, des citoyens avant tout, devront pouvoir se regarder dans la glace ensuite et ne pas forcément choisir la voie la plus immédiatement simple. Nous avons bon espoir que face à leurs responsabilités, l’âme de gens comme Maggy Biskupski, Christian Jambert ou Arnaud Beltrame souffleront dans les membres de votre institution, et que nombreux seront ceux qui choisiront leur honneur plutôt que leur soumission au ministère de Monsieur Castaner. Que vous préférerez discuter avec nous plutôt qu’avec M. Darmanin. Certes, un uniforme jaune pour une police populaire serait ridicule, mais si vous voulez enfiler le gilet jaune sur vos uniformes bleus, vous en trouverez bien un dans votre voiture : c’est obligatoire, n’est-ce pas ?

Dans l’immédiat, nous souhaitons, nous autres qui avons défilé pacifiquement dans les rues de la ville où nous vivons tous ensemble, vous adresser un grand merci pour avoir su garder votre calme et ne pas avoir cherché à envenimer les choses. Preuve que lorsque la soif de liberté rencontre l’intelligence, on peut faire de grandes choses. Même une révolution ensemble.

Pensons printemps des peuples, maintenant ! Vous nous avez respecté et accompagné pour le bien de tous – un jour votre place sera à nos côtés.

Des Colmariens en jaune, pour la liberté, la justice et l’état de droit.

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