On avait bien l’éternel numéro 2 de Gilbert Meyer, Yves Hemedinger, qui, lorsqu’il s’essayait encore à s’imaginer maire Colmar, brocardait sur tous les réseaux dissociaux possibles ce qu’il estimait être une grande avancée pour la ville : l’arrivée d’une franchise Starbucks, aux cafés trois fois trop chers servis par des jeunes mal payés qui t’appellent par ton prénom comme dans une startup ! Que leur ville ressemble à n’importe quelle ville au centre-ville standard et morne, voilà l’ambition de ces gens qui regrettent de ne pas pouvoir être candidat à Nouvelle York ou dans n’importe quelle ville déprimante des Etats-Unis d’Amérique, où toute personne saine d’esprit finit par acheter une arme en vente libre pour aller tuer tout le monde, tellement la vie est entourée de laideur morne et de non-sens…

Le rêve de ces frustrés encore englués dans le rêve américain, les séries américaines, les chanteurs pseudo-américains qui yeahyeahètent et pleurent encore la mort de Johnny, ceux qui croient encore que les nord-américains sont venus sauver l’Europe en 1945, qui adulent les grosses voitures bruyantes laissant un nuage de fumée derrière eux, bref le moderne des années 1980 devenu le plus navrant du kitsch aujourd’hui, risque d’être exhaussé par la crise de la gestion catastrophique de la pandémie de Covid-19.

L’oligopole des magasins franchisés

En effet, c’est Florian Philippot1 ou Charles Gave2, prévient que beaucoup de restaurants et bars français, n’auront pas les moyens de survivre financièrement à la période de quarantaine qui a vidé leurs établissements. En revanche, seuls les grands groupes à la capacité financière suffisante, ou possédés par des fonds d’investissements gagnants quoi qu’il arrive en raison de la diversification de leur portefeuille (notamment quand on possède des laboratoires pharmaceutique à qui la crise sanitaire est une aubaine), pourraient être en mesure de reprendre une activité en lieu et place des petits propriétaires indépendants.

Faut-il s’attendre à des villes franchisées aussi tristes que les zones commerciales périphériques ? Les Chinois venus consommer du patrimoine européen dans le centre-ville seront-ils donc logés à la même enseigne que les habitants du pays réel, dans une grande entreprise d’égalitarisme par le nivellement par le bas ?

Concurrence déloyale pour la grande distribution

De même, puisque les supermarchés des groupe Super U, Leclerc ou Carrefour ont pu rester ouverts pendant que leur petits concurrents devaient fermer, notamment le marché couvert de Colmar interdit d’activité par le sous-préfet Touvet, peut-on s’attendre à une franchisation des commerces ou un système de surtaxe des magasins restés en activité servira-t-il à compenser financièrement le manque à gagner de la quarantaine rendue nécessaire par l’impréparation de la crise sanitaire et de la casse de l’hôpital opérée au moins depuis les mandats Hollande et Macron ?

Les producteurs locaux ont-ils au contraire réussi à se rapprocher des consommateurs en vendant directement leurs produits via Internet ?

Notes

  1. Dans un entretien accordé en avril 2020 au Cercle Aristote
  2. Dans son entretien pour Grand Angle, en avril 2020, consacré aux banques.

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